Internet représente 25% de la croissance française alors qu’elle n’atteint pas 4% du PIB
Intéressant rapport du cabinet McKinsey consacrée à l’impact d’internet sur l’économie française, repris par toute la presse. On y découvre que le secteur :
- a créé 700 000 emplois nets en quinze ans, soit 25% des créations d’emplois sur la période !
- qu’il pèse 3,7% du PIB de la France en 2010, soit 72 Milliards d’euros
- en terme de Valeur Ajoutée, cela représente plus que l’énergie, l’agriculture ou les transports…
- qu’il a généré un quart de la croissance française en 2010
Les professionnels du secteurs et Business Angels voient depuis plusieurs années que les entreprises du secteur connaissent des croissances annuelles qui dépassent souvent 50%. Ce n’est donc pas une surprise de voir l’internet peser autant dans les chiffres de la croissance.
Néanmoins, je m’étonne du décalage entre ces chiffres et l’absence d’encouragements législatifs afin de favoriser encore le développement de la filière, notamment pour son développement international.
Je prendrai deux exemples :
1. Merci à Google d’avoir soutenu financièrement l’étude (je cite LeMonde.fr), mais je ne peux que me souvenir de la blague du CA de Google déclaré pour la France : 52 Millions de CA (source Societe.com) en 2009, non disponibles en 2010 alors que le volume de CA est estimé à plus d’un milliard d’euros. La légère différence est un CA réalisé en Irlande, par la filiale de Google basée aux Bermudes. Nous pouvons donc remercier Google pour son obole (pourboire ?) lorsque la société paie des impôts en France. En compensation, une nouvelle taxe est crée sur la publicité sur internet (qui profite à plus de 80% à Google, compte tenu de sa part de marché), qui taxe les annonceurs, aggravant leur désavantage concurrentiel.
2. Lorsqu’une société e-commerce réalise des ventes, la TVA qu’elle applique est celle du pays où se trouve son siège social. La concurrence européenne sur la TVA est donc un désavantage fiscal pour la France dans la plupart des cas.
Je suggère donc à M. Besson, dont je rappelle qu’il est ministre en charge de l’économie numérique, de traiter des concurrences fiscales européennes ou de la pratique commerciale internet de Google, et d’arrêter de pondre des lois qui nous pénalisent, avant que toutes les start-ups françaises ne finissent par élire domicile au Luxembourg, en Irlande, ou à Malte (le temps aussi y est clément).